Versement dans 2e pilier et réduction d'impôts

Bonjour à tous,

Je réfléchis à l’opportunité de faire un versement complémentaire dans mon 2e pilier pour racheter des lacunes de cotisation. Cependant j’ai du mal à trouver des informations hormis la déductibilité des 12 trimestres. Ma situation:

  • marié, 2 enfants
  • 42 ans
  • frontalier semainier dans le canton de Lucerne donc imposé à la source
  • Non éligible au quasi-résident à LU car madame travaille en France (moins de 90% des revenus du foyer sont d’origine Suisse)
  • Travaillé 1 an en Allemagne et 2 ans en France puis en Suisse depuis 14 ans.

Côté suisse je ne pourrai rien déduire car pas de TOU possible. Côté français je peux déduire l’équivalent de 12 trimestres. Mais nulle part n’est précisé quel barème doit être pris en compte, or l‘assurance vieillesse donne deux barèmes différents selon si on veut racheter au titre du taux seul ou au titre du taux + durée d’assurance: Législation

Lequel de ces deux barèmes faut-il prendre en compte pour ne pas dépasser le total déductible?

Y a-t-il d’autres facteurs à prendre en compte pour ne pas se faire rattraper par le fisc? Par exemple faut-il veiller à quelque chose entre la part obligatoire et la part surobligatoire du 2e pilier?

Merci d’avance

Vinz

Vous auriez du faire recherche sur forum

Normalement, c’est 12 trimestres selon barème CNAV taux et durée d’assurance.

12 trimestres au global par chaque années.

Pour versement, il faut regarder le règlement de votre caisse ou les contacter. Dans mon cas les rachats ne se font que dans la part surobligatoire, pour moi change rien car c’est le même taux pour le calcul à la retraite dans les 2 parts nouveau plan pension mais souvent taux part obligatoire plus élevé à 6.8%

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Merci. J’ai fait une recherche sur le forum mais pas trouvé d’indication sur le barème à utiliser.

La déclaration d’impôt 2047-CH semble dire qu’on ne peut racheter que dans la part obligatoire (case 10.2). Mais ils mentionnent un 2e pilier “2a obligatoire” ce qui ne veut rien dire… Un avis ou un retour d’expérience?

J’ai aussi vérifié le règlement de ma caisse de pension avant d’écrire ce message, nulle part ils ne précisent si les rachats se font dans la part obligatoire ou surobligatoire. Pareil sur le bon de versement envoyé par ma caisse. Mon relevé de pension ne mentionne pas non plus les montants dans chaque part…

Bonjour,

D’un point de vue Suisse, l’article 79b al.1 LPP précise que le rachat s’effectuer à hauteur des prestations réglementaires. Dans le cadre de caisses de prévoyance “enveloppantes”, ces prestations réglementaires incluent à la fois la prévoyance obligatoire et la prévoyance surobligatoire.

Il y a également de la jurisprudence qui confirme l’étendue des rachats à la part surobligatoire dès lors que la caisse de prévoyance offre des prestations surobligatoires.

Il semble donc possible de racheter à la fois la partie obligatoire et la partie surobligatoire, bien que le minimum légal reste la partie obligatoire.

La référence au 2ème pilier “a” partie légalement obligatoire en revanche semble limiter la déduction à la seule partie obligatoire (sous-entendu le 2 “b” serait le surobligatoire).

Je sais que l’administration est attentive mais je n’ai pas de retour d’expérience sur le contrôle de la partie obligatoire vs surobligatoire.

L’enjeu bien que limité reste d’importance pour vous afin de réduire votre salaire et donc le taux effectif d’imposition qui s’appliquera aux revenus de votre épouse.

Une précision concernant les 12 trimestres, il s’agit bien de 12 trimestres manquants, à savoir années d’études ou années incomplètes. Les “trimestres” allemands et suisses sont bien pris en compte dans votre relevé de carrière et ne constituent donc pas des trimestres manquants. Sur ce point je n’ai pas vu passer de contrôle de la part de l’administration.

Autre petite précise lorsque vous parlez du statut du quasi-résident, c’est bien 90% minimum de revenus imposables en Suisse (et pas uniquement d’origine suisse).

Sur un sujet plus vaste, depuis 2021 il n’est plus possible de déduire les rachats de de 2ème pilier. La réforme de l’impôt à la source visait justement à rééquilibrer l’équité fiscale entre contribuables, en clarifiant les règles notamment de taxation ordinaire ultérieure. Mais à mon sens cela a plus fermé de porte qu’autre chose car pour toutes les personnes dans votre cas, vous n’êtes pas en situation comparable par rapport à un résident suisse imposé à la source. En effet, cette personne aura la possibilité de demander une taxation ordinaire ultérieure sans conditions, alors qu’un non-résident imposé à la source a une condition de 90% de revenus imposables en Suisse. De ce fait, en invoquant la clause d’égalité de traitement de la convention fiscale franco-suisse, et en jouant sur d’autres éléments, il pourrait être tenté de rentrer un recours afin de faire valoir la déduction en impôt source. Sujet à creuser, selon les enjeux aussi.

Bon courage dans vos démarches.

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oui 2a c’est la part obligatoire et 2b c’est surobligatoire…pourquoi faire simple.

En tout cas impôt en suisse demande pas dans quelle part et sur l’attestation standard où apparait le rachat, rien n’ indique que mes rachats sont dans la part surobligatoire. le rachat est juste indiqué dans la colonne contribution de rachat volontaire

Il faut lire le règlement de la caisse de pension, tout est indiqué ou vous devez avoir un contact.

Autres tous les excellents arguments, ci-dessus il faut aussi vous assurer de la santé financière de votre caisse.

  • Combien votre caisse a t’elle servie d’intérêt ces derniers années ? Est-ce le minimum légal ou plus ?
  • Votre caisse a t’elle une gestion saine ? Quelle est le pourcentage de couverture de votre caisse ? Quelle est la répartition entre contributeurs rentiers ?
  • Quelle est le taux de conversion actuel si vous prenez la rente ? Quel sera-t-il lorsque vous aurez 67 ans car il a tendance à baisser ?

Ce sont pour toutes ces raisons qu’on conseille généralement d’attendre 10 ans avant votre départ en retraite pour commencer à faire vos rachats.

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Bonjour,

Merci pour votre réponse détaillée. Je comprends donc qu’il n’est pas utile de chercher à distinguer le rachat entre la part obligatoire et la part surobligatoire d’un point de vue fiscal tant qu’on reste dans les limites des 12 trimestres, est-ce juste? Confirmez-vous que le barème applicable est celui au titre du taux et de la durée d’assurance?

Je suis titulaire d’un bac +5 et ai commencé à travailler à 24 ans, je pense donc pouvoir déduire 12 trimestres au titre des années d’études.

Effectivement le quasi-résident se calcule sur les revenus imposables en Suisse, qui représentent moins de 90% du foyer dans mon cas. Je suis donc taxé à la source sans possibilité de TOU, ce qui est bien dommage dans ma situation…

Les intérêts ne sont pas terribles actuellement mais le taux de couverture est bon (107% de mémoire), lié au fait qu’une vague de départs en retraite devrait avoir lieu dans les prochaines années. Coté français étant dans la TMI à 41% cela me laisse cependant un certain effet de levier avec la déduction fiscale tout en séparant les risques entre France et Suisse (j’ai aussi un PER en France).

Sauf erreur de ma part, en tant que frontalier imposé à la source, en couple avec une salariée française, il ne faut pas raisonner avec votre taux marginal d’imposition mais avec le taux moyen d’imposition des revenus au barème du couple pour évaluer le gain fiscal français.

Ne pas oublier que lorsque vous partirez à la retraite, vous serez imposé sur votre 2ème pilier :

  • soit 15,85% si retrait en capital (impôts + prélèvements sociaux)
  • soit intégré à vos revenus au barème si c’est une rente

Bonjour,

Je pense que l’administration française pourrait limiter au rachat de la part obligatoire. Maintenant sur quelle base puisque visiblement les caisses de pensions ne donne pas l’info…?

Oui comme indiqué par JessJess, il s’agit bien du barème de la CNAV taux + durée d’assurance.

On ne vous le souhaite pas mais sachez qu’en cas de divorce tous vos apports sur le 2e pilier durant vos années de mariage seront divisés à 50% avec votre ex-épouse même si vous avez établi une séparation des biens dans votre contrat de mariage.

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